Le projet BROMO, qui vise à rapprocher les activités spatiales d'Airbus, Leonardo et Thales au sein d'une coentreprise (JV), soulèverait des inquiétudes de la Commission européenne en matière de concurrence. Pour répondre à ces préoccupations, Airbus envisagerait de céder certains actifs.
L'alliance envisagée via BROMO vise à créer un champion européen de l'espace capable de rivaliser avec des acteurs mondiaux tels que SpaceX. Néanmoins, ce rapprochement pourrait contrevenir aux exigences européennes en matière de concurrence.
Par conséquent, Airbus aurait proposé de céder certains de ses actifs afin d'obtenir l'autorisation du rapprochement.
"Aucun ensemble définitif de mesures n'a encore été arrêté et l'orientation des négociations pourrait évoluer avant la notification officielle de l'opération à la Commission européenne, prévue plus tard cette année", rapporte-t-on chez Jefferies.
Si la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire européen à l'Espace, Andrius Kubilius, semblent favorables à cette consolidation, d'autres acteurs européens du secteur sont plus réticents, à l'instar d'OHB qui a saisi la justice.
L'industriel allemand craint notamment que le rapprochement ne bouleverse ses relations avec certains de ses partenaires, dont Thales Alenia Space.
Rivalité galactique
Nombre de ces acteurs sont en effet impliqués dans le projet IRIS², la future constellation européenne de satellites de connectivité sécurisée portée par l'Union européenne. L'enjeu est important pour OHB : les 18 satellites en orbite terrestre moyenne (MEO) qui lui sont destinés représentent près d'un milliard d'euros de commandes pour le groupe allemand. Selon Berenberg, OHB discuterait également de satellites supplémentaires financés par la Pologne, ce qui pourrait porter le nombre de satellites MEO à 24.
BROMO pourrait ainsi modifier la structure du secteur et, avec elle, les rapports entre partenaires, fournisseurs et concurrents d'OHB. Cette recomposition intervient alors que les budgets consacrés au spatial augmentent fortement en Europe. Berenberg souligne notamment que le budget de l'Agence spatiale européenne (ESA) atteint un niveau record de 22,1 MdsEUR, en hausse de 30%, tandis que l'Allemagne prévoit de consacrer 35 MdsEUR au spatial militaire.
Les industriels évoluent dans un terrain complexe où ils peuvent être à la fois partenaires et concurrents sur des programmes de plusieurs milliards d'euros. Le rapprochement d'Airbus, Leonardo et Thales pourrait donc rebattre les cartes au moment où les commandes institutionnelles civiles et militaires accélèrent en Europe.
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